Le 7 octobre 2026, l'Académie royale des sciences de Suède a annoncé les lauréats du prix Nobel de chimie. La récompense a été décernée au scientifique français Henri B. Kagan et au chercheur japonais Kenso Soai.
Le prix a été attribué « pour la découverte des effets non linéaires et de l'autocatalyse dans la synthèse organique asymétrique ». Leurs travaux ont expliqué comment l'homochiralité peut apparaître spontanément dans les réactions chimiques — la préférence pour l'une des deux formes miroir des molécules.
De nombreuses molécules, y compris les acides aminés, existent en deux variantes qui sont les reflets l'un de l'autre dans un miroir. Les organismes vivants n'utilisent qu'une seule de ces formes. La manière dont une telle sélectivité est apparue est restée une énigme pendant plus d'un siècle.
Kagan, professeur émérite à l'Université Paris-Sud, a montré dès les années 1980 comment, à l'aide de catalyseurs, on peut obtenir un excès notable d'une forme miroir. Ses découvertes se sont révélées révolutionnaires pour l'industrie pharmaceutique.
Soai, professeur émérite à l'Université des sciences de Tokyo, a développé ces idées. En 2003, il a créé une réaction dans laquelle, à partir de substances de départ achirales, seule une forme chirale se forme — pour la première fois en laboratoire.
« Henri Kagan et Kenso Soai ont proposé une solution à une énigme chimique vieille d'un siècle : comment l'homochiralité peut apparaître spontanément. Les réactions qu'ils ont mises au point sont impressionnantes », a souligné le président du comité Nobel de chimie, Heiner Linke.
Les travaux des lauréats ont une importance directe pour la production de médicaments : une forme miroir d'un remède peut être efficace, tandis que l'autre peut provoquer des effets secondaires. Désormais, les chimistes peuvent obtenir délibérément la variante souhaitée.
Soai, ayant appris la nouvelle de sa récompense pendant une séance de shopping, a déclaré par téléphone lors d'une conférence de presse : « C'est le jour le plus émouvant de ma vie. Je suis très heureux de partager ce prix avec le professeur Henri Kagan ».
Le prix, d'un montant de 12 millions de couronnes suédoises, sera partagé à parts égales entre les lauréats. Mais la manière dont la nature, il y a des milliards d'années, a fait le choix en faveur d'une seule forme miroir — cette question continue d'intriguer les scientifiques.
