En pleine tension géopolitique, le bitcoin s'est comporté de manière inattendue, non pas comme un actif risqué, mais comme un instrument de protection traditionnel. Tandis que les actions européennes chutaient et que le pétrole Brent dépassait pour la première fois depuis juillet 100 dollars le baril, la plus grande cryptomonnaie s'est hissée à 79 700 dollars.
La cause en fut les frappes américaines contre des pétroliers iraniens et les représailles de Téhéran contre des bases américaines en Jordanie. Le Stoxx Europe 600 a perdu 0,5 pour cent, l'indice Dow Jones — 1,2 pour cent. Dans le même temps, l'or a progressé de 1,06 pour cent, l'argent — de 1,33 pour cent. Le bitcoin a évolué dans la même direction que les métaux précieux, et non avec le marché boursier — contrairement au 2 septembre, où il chutait en même temps que les actions.
Un tel comportement indique un changement de perception du bitcoin par les investisseurs. Dans un contexte de hausse des prix de l'énergie et d'incertitude autour des approvisionnements, il commence à jouer le rôle d'un équivalent numérique de l'or — un actif qui préserve sa valeur lorsque les marchés traditionnels s'inquiètent. Les ETF au comptant sur le bitcoin aux États-Unis ont toutefois enregistré une sortie de 46,65 millions de dollars, ce qui témoigne de la prudence des institutionnels.
Historiquement, le bitcoin a souvent été corrélé aux actions technologiques, particulièrement durant les périodes de liquidité. Aujourd'hui, alors que le pétrole alimente les anticipations inflationnistes et pourrait influencer la politique de la Fed, la cryptomonnaie fait preuve d'une relative résilience. Cela ne signifie pas qu'elle soit devenue une couverture à part entière, mais dans les moments de crise aiguë, son comportement rappelle de plus en plus celui de l'or.
Imaginez un portefeuille où une partie des fonds est conservée dans du « métal numérique » : en cas de flambée du pétrole et de chute des actions, une telle position n'aggrave pas les pertes, elle les atténue. C'est précisément ce qui s'est produit ces derniers jours. Le marché, semble-t-il, a commencé à tester le bitcoin quant à sa capacité à remplir une fonction de refuge, et non à n'être qu'un simple instrument de croissance à haut risque.
Bien sûr, un seul épisode ne change pas le tableau à long terme. Les corrélations peuvent rapidement revenir, surtout si le choc inflationniste provoqué par un pétrole cher pousse les banques centrales à durcir leur politique. Pour l'heure, le bitcoin a montré que, dans certaines circonstances, il est capable d'aller à contre-courant du marché.
Pour ceux qui constituent leur épargne personnelle, c'est un rappel : même les actifs les plus modernes se comportent parfois à l'ancienne — comme l'or en des temps troublés.
