Le Bitcoin a perdu la moitié de sa valeur depuis octobre 2025, alors même que le marché des cryptomonnaies est déjà estimé à 2,23 billions de dollars. Dans le même temps, des responsables politiques et des États entiers sous sanctions utilisent de plus en plus activement les actifs numériques pour contourner les circuits financiers traditionnels.
Dans un numéro de l’émission Counting the Cost, Al Jazeera souligne que la cryptomonnaie dépasse désormais le cadre de la spéculation pour devenir un véritable instrument politique. Alors que les banques et les investisseurs institutionnels y injectent des milliards, les gouvernements s’empressent de réguler ce nouveau marché. Parallèlement, les jetons numériques permettent d'éluder les restrictions que le système bancaire classique impose à certains pays.
Des États sous sanctions, comme l’Iran, ont recours aux cryptomonnaies pour transférer des fonds. Les autorités américaines ont déjà saisi des centaines de millions de dollars en actifs cryptographiques iraniens dans le cadre d’une campagne de pression. Pour Téhéran, c’est un moyen de maintenir un accès aux ressources extérieures alors que les virements bancaires conventionnels sont bloqués.
Les politiciens y trouvent également un intérêt personnel. Certains deviennent des promoteurs publics du secteur, portant leurs propres projets ou recevant des dons en actifs numériques. Cela crée un conflit d’intérêts : les régulateurs édictent les règles tout en étant eux-mêmes dépendants d’un marché que ces mêmes règles sont censées encadrer.
En conséquence, la cryptomonnaie modifie l’équilibre des puissances dans la finance mondiale. Elle offre une alternative au dollar et au système SWIFT, tout en renforçant l’opacité et les risques pour les participants ordinaires du marché. Alors que les cours chutent et que l’intérêt des autorités grandit, la question n’est plus de savoir si la crypto disparaîtra, mais plutôt qui finira par en contrôler les flux.
Selon Al Jazeera, les régulateurs sont pour l’instant distancés par le rythme de cette expansion. Cela laisse une marge de manœuvre tant aux États qu’à certains acteurs individuels, dont les intérêts ne coïncident pas toujours avec ceux des simples utilisateurs.

