Deux absences majeures, et l'équipe espagnole de natation ne sera plus la même. Carles Coll, champion du monde du 200 m brasse, est bloqué aux États-Unis en raison de problèmes de visa, tandis que Carmen Weiler, championne d'Europe en petit bassin, manquera la compétition suite à une blessure à la main. Les Championnats d'Europe de sports aquatiques de Paris, qui débutent le 10 août, se transforment pour l'Espagne en un véritable test de sa capacité à se réadapter rapidement.
Le poids de l'équipe repose désormais sur les épaules de Hugo González de Oliveira, multiple champion d'Europe du dos. Il demeure la référence principale, mais une nouvelle vague de talents émerge déjà autour de lui. Luca Hoek, 18 ans, vient renforcer les relais masculins 4x100 et 4x200 m nage libre, tandis qu'Irene Siercoles, 16 ans, a battu le record de Mireia Belmonte sur 100 m papillon et a ramené quatre médailles des Championnats d'Europe juniors.
Six des vingt-huit nageurs feront leurs débuts en équipe nationale absolue. Ce n'est pas qu'un simple remplacement, mais un véritable changement de paradigme : aux noms confirmés succède une jeunesse ambitieuse qui bat déjà des records nationaux et se montre prête à prendre ses responsabilités dans les relais. Les relais, qu'ils soient de medley ou de nage libre, représentent d'ailleurs le principal espoir de médailles à Paris.
Face aux équipes solides de la Russie, de l'Italie, de l'Allemagne et du Royaume-Uni, les Espagnols semblent plus compacts, mais non moins forts. Les jeunes talents ont déjà prouvé leur capacité à rivaliser au niveau junior ; il leur faudra désormais supporter la pression des compétitions seniors. En parallèle, le championnat inclura pour la première fois des épreuves paralympiques, un signe supplémentaire de l'évolution et de l'ouverture de la natation européenne.
Pour l'Espagne, il ne s'agit pas d'un simple tournoi, mais d'un test de la profondeur de ses réserves. Si les relais fonctionnent et que les débutants ne faiblissent pas, cette équipe renouvelée pourra non seulement maintenir ses positions, mais aussi poser les bases pour le cycle menant à Los Angeles 2028. La question clé est de savoir si cette nouvelle génération parviendra à acquérir l'expérience nécessaire précisément maintenant, alors que les figures emblématiques sont temporairement absentes.

