L'argent n'aime pas attendre, surtout lorsqu'il s'agit de technologies capables de changer les règles du jeu dans le secteur de l'énergie. La start-up italienne Energy Dome, qui développe un système de stockage d'énergie à base de dioxyde de carbone, mène des négociations avancées avec des investisseurs européens et américains en vue de lever plusieurs centaines de millions d'euros. Ce n'est pas simplement un nouveau tour de financement : c'est un pari sur le fait que le CO₂ peut devenir non pas un déchet, mais un élément clé du futur système énergétique.
L'entreprise a déjà levé plus de 200 millions d'euros auprès d'acteurs solides : le fonds Breakthrough Energy Catalyst, lié à Bill Gates, la Banque européenne d'investissement, la CDP italienne, NEVA SGR d'Intesa Sanpaolo, 360 Capital, A2A, Eni Next et Barclays. Aujourd'hui, les besoins en capital ont augmenté en raison des contrats signés. Le directeur général Claudio Spadacini l'a déclaré sans détour lors de l'inauguration de la nouvelle usine de Plaisance : les besoins en capital dépassent largement les fonds déjà collectés. Les négociations sont actives et le cercle des investisseurs est ouvert à l'Europe et aux États-Unis.
Les prévisions pour 2026 sont modestes — un chiffre d'affaires de l'ordre de 30 à 40 millions d'euros. En revanche, les contrats commerciaux à long terme donnent l'image d'un revenu récurrent de plusieurs milliards d'euros. Energy Dome investit dans des projets en Italie, notamment en Sardaigne, et prévoit d'investir 6,5 millions d'euros dans l'extension de la production à Plaisance d'ici 2028. Le nombre de salariés passera de 30 à 80–90 personnes. C'est l'histoire classique d'une montée en puissance : d'une idée de laboratoire à des capacités industrielles.
L'intérêt des investisseurs se comprend. Le stockage d'énergie est l'un des goulets d'étranglement de la transition verte. La technologie d'Energy Dome utilise le CO₂ en cycle fermé, en évitant les matériaux rares comme le lithium. Dans un monde où les sources renouvelables se développent mais restent instables, de telles solutions deviennent cruciales. Les acteurs institutionnels y voient non seulement un potentiel écologique, mais aussi financier : les contrats à long terme transforment la start-up en générateur de flux de trésorerie stable.
Pour autant, l'entreprise ne ferme pas la porte à une IPO. Les délais et le lieu de la cotation — pas nécessairement Milan — dépendront de la conjoncture du marché et de la composition des nouveaux investisseurs. C'est une stratégie souple : lever des capitaux dès maintenant et garder l'entrée en Bourse comme option. Pour les investisseurs, c'est un signal : l'entreprise est prête à différents scénarios de monétisation.
En fin de compte, de tels tours de table montrent comment le capital vote pour des technologies concrètes. L'argent va là où il y a des contrats, des partenaires éprouvés et un chemin clair vers l'échelle industrielle. Pour ceux qui suivent le marché, c'est un rappel : dans l'énergie de demain, ce ne sont pas seulement les idées qui gagnent, mais aussi l'art de les transformer en une activité durable.


