Nous pensions qu'il s'agissait d'une seule espèce. Elle en cache en réalité au moins 75.

Auteur : Inna Horoshkina One

Sous la glace de l'Antarctique, une limace de mer s'est avérée être 75 espèces différentes.

L'Antarctique vient de nous rappeler une fois de plus à quel point nos connaissances sur l'océan sont en réalité limitées.

Des chercheurs de l'University of Western Australia ont établi qu'une limace de mer, longtemps perçue comme une espèce unique, représente en fait au moins 75 lignées évolutives distinctes.

L'étude porte sur le minuscule nudibranche antarctique Doris kerguelenensis.

À première vue, il ressemble à un habitant des profondeurs tout à fait banal, progressant lentement sur le fond marin.

Pourtant, l'analyse génétique de 130 échantillons a brossé un tableau radicalement différent : les scientifiques n'ont pas découvert une seule espèce, mais tout un monde caché, forgé sur des millions d'années par les cycles glaciaires de l'Antarctique.

En d'autres termes : les glaces ont avancé, reculé, isolé des populations puis les ont regroupées, laissant l'océan engendrer silencieusement de nouvelles formes de vie.

La beauté de cette découverte réside dans le fait qu'elle ne concerne ni un prédateur géant, ni un monstre des abysses sorti de l'imaginaire.

Elle met en lumière une petite créature qui, pendant des décennies, n'était pour la science qu'une « espèce déjà répertoriée ».

C'est sans doute là le plus grand enseignement de l'océan. Parfois, les découvertes les plus majeures se dissimulent dans ce que nous avons déjà côtoyé sans y prêter attention.

Quel écho cet événement trouve-t-il à l'échelle de notre planète ?

C'est peut-être un rappel que l'océan ne cache pas seulement des géants inconnus.

Parfois, des univers entiers subsistent au cœur de ce que nous avons trop hâtivement considéré comme familier.

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